
On a longtemps cru qu’un bon manager était avant tout un bon expert. Quelqu’un qui maîtrisait son domaine, organisait le travail, donnait les bonnes directives. Ce modèle a fonctionné, un temps.
Aujourd’hui, ce sont les compétences humaines qui font la différence : la capacité à écouter, à s’adapter, à créer un vrai climat de confiance. Pas des qualités innées réservées à quelques-uns. Des compétences qui s’apprennent, se travaillent, se développent.
Sommaire
1. Un monde du travail qui a changé de visage
2. Soft skills : de quoi parle-t-on vraiment ?
3. Les compétences humaines clés du manager en 2026
4. Pourquoi les soft skills ne s’improvisent pas
5. Manager une équipe intergénérationnelle : un cas d’école
6. Comment développer ces compétences concrètement ?
1. Un monde du travail qui a changé de visage
La digitalisation, le management hybride, les nouvelles attentes des collaborateurs et l’essor de l’IA placent les managers face à des défis inédits. Les compétences techniques restent importantes, mais ce sont les soft skills qui font désormais la différence.
Et les chiffres sont sans appel côté engagement. Selon l’étude Gallup 2025, seulement 13 % des salariés européens se déclarent engagés au travail, et la principale cause identifiée est la baisse de l’engagement des managers eux-mêmes, tombée à 27 %. En France, la situation est encore plus préoccupante : seulement 7 % des salariés français se déclarent engagés, l’un des taux les plus bas d’Europe. Ce désengagement a un coût : humain d’abord, économique ensuite. Il interpelle directement la façon dont les managers exercent leur rôle, et les compétences qu’on leur donne (ou pas) pour le faire.
2. Soft skills : de quoi parle-t-on vraiment ?
Le terme est partout, parfois galvaudé. Derrière les « soft skills », on désigne l’ensemble des compétences comportementales, relationnelles et émotionnelles d’une personne : sa façon d’écouter, de communiquer, de gérer ses émotions, de s’adapter, de fédérer.
À l’opposé des « hard skills » (compétences techniques et métier), les soft skills touchent au savoir-être plutôt qu’au savoir-faire. Elles sont moins visibles sur un CV, mais souvent déterminantes dans la réalité du quotidien professionnel.
SelonLinkedIn Global Talent Trends (2025), 91 % des recruteurs estimaient que les soft skills sont aussi importants que les hard skills. Et 75 % des entreprises affirmaient qu’elles accorderaient encore plus d’importance aux soft skills d’ici la fin de 2025 et à l’avenir, selon le World Economic Forum. Pour un manager, ces compétences ne sont pas un « plus » optionnel. Elles sont au cœur de sa capacité à créer un environnement de travail sain, à motiver son équipe et à faire face aux imprévus.
3. Les compétences humaines clés du manager en 2026

Le Baromètre des Soft Skills 2025, réalisé par LégiSocial et TodoSkills auprès de plus de 400 000 professionnels, a eu pour but d’identifier les compétences comportementales les plus attendues chez les managers en entreprise. Voici celles qui reviennent en tête, et ce qu’elles recouvrent concrètement.
L’écoute active et la communication
Depuis le lancement du baromètre en 2021, l’écoute active et la communication orale restent les soft skills les plus valorisées dans la catégorie « Communication » chez les managers. Ce n’est pas un hasard : un manager qui n’écoute pas vraiment ses collaborateurs passe à côté de l’essentiel, les signaux de démotivation, les bonnes idées, les tensions naissantes.
Écouter ne signifie pas seulement entendre. C’est reformuler, questionner, laisser de la place à l’autre. C’est une posture active, qui se cultive.
L’intelligence émotionnelle
Un bon manager, avant tout, c’est quelqu’un qui sait lire entre les lignes : comprendre et gérer les émotions — les siennes, mais aussi celles de son équipe — est devenu une compétence clé.
L’intelligence émotionnelle est davantage plébiscitée par les femmes managers (55,5 %) que par les hommes (37,8 %), ce qui révèle des différences de perception selon les profils, et donc des marges de progression pour beaucoup.
L’adaptabilité
L’adaptabilité figure parmi les trois compétences prioritaires identifiées par le baromètre des soft skills, aux côtés de l’esprit d’équipe et de la capacité d’apprentissage.
Dans un contexte de changement permanent, réorganisations, nouveaux outils, équipes hybrides, un manager rigide devient vite un frein.
La posture de manager-coach
Les soft skills constituent la colonne vertébrale du management moderne : leadership, communication, capacité à accompagner la montée en autonomie des collaborateurs.
Adopter une posture de coach, c’est croire dans le potentiel de ses équipes et créer les conditions pour qu’elles se développent.
C’est précisément l’objet de notre Formation « Devenir Manager Coach », qui aide les managers à adopter une approche bienveillante et à accompagner la montée en autonomie de leurs collaborateurs.
4. Pourquoi les soft skills ne s’improvisent pas
On entend parfois que les soft skills, « ça se sent, ça ne s’apprend pas ». C’est faux, ou du moins, profondément réducteur. Comme l’a souligné Christelle Delavaud, manager d’offre chez Cegos : « Manager n’est pas un don ou un talent, mais cela mobilise de réelles compétences. »
Les entreprises qui l’ont compris déploient des programmes de formation véritablement dédiés aux managers, personnalisés selon leurs besoins. Ce constat est crucial pour les primo-managers, souvent propulsés dans leur rôle sans préparation suffisante. Prendre en main un poste, comprendre les attentes de son équipe, apprendre à se positionner clairement : tout cela s’apprend.
Et les résultats sont là. Selon Gallup, la formation managériale peut réduire de moitié le désengagement actif au sein des équipes, et la formation au coaching peut améliorer les performances managériales de 20 à 28 %(TalenCo).
Investir dans les compétences humaines de ses managers, c’est investir directement dans l’engagement de ses équipes.
5. Manager une équipe intergénérationnelle : un cas d’école
Les équipes d’aujourd’hui mélangent souvent trois, parfois quatre générations : des baby-boomers en fin de carrière, des quadras bien installés, des millennials et une génération Z qui arrive avec ses propres codes et attentes.
Chaque génération a ses valeurs, sa façon de communiquer, ses leviers de motivation. Ce qui fonctionne pour l’un peut agacer l’autre. La communication descendante traditionnelle perd de son efficacité. Le sens devient une demande centrale, surtout chez les plus jeunes. Dans ce contexte, le manager de 2026 est appelé à développer un profil complet : à la fois professionnel de l’humain, capable d’accompagner des collaborateurs très différents dans leur développement.
Créer une dynamique positive entre les générations, adapter sa communication selon les profils, fidéliser des talents aux attentes divergentes : c’est un art qui s’apprend.
Vous souhaitez améliorer votre culture managériale ?
Nous avons une formation dédiée à ces enjeux, avec des outils concrets pour construire une cohésion d’équipe durable.
6. Comment développer ces compétences concrètement ?
La bonne nouvelle, c’est que les soft skills se travaillent. Voici quelques leviers qui font leurs preuves.
Mieux se connaître : on ne peut pas manager les autres sans une bonne connaissance de soi.
Reprendre la main sur son organisation : les compétences méthodologiques et la capacité à gérer le changement sont devenues incontournables pour les managers dans un contexte de surcharge chronique.
Se former, avec un accompagnement ancré dans le terrain : les formations en présentiel, qui permettent la mise en pratique et les échanges entre pairs, restent particulièrement efficaces sur le développement comportemental.
Développer son intelligence émotionnelle : pour apprendre à identifier et réguler ses émotions, et à créer un climat de confiance durable dans son équipe.
En résumé
Le management technique ne suffit plus. Ce qui fait la différence aujourd’hui, c’est la capacité d’un manager à créer du lien, à écouter vraiment, à adapter sa posture selon les situations et les profils. Ces compétences humaines s’apprennent, se développent, se renforcent, à condition de leur donner la place qu’elles méritent.
Share this content:
